Daniel : extraits

Daniel
Il fuit les Amériques, veut s’éloigner aussi loin que possible du bateau où ils ne veulent pas le voir ni l’aimer. Il veut aller en Italie, rejoindre José qui lui au moins l’aime. Il quitte le bateau, se perd à la Nouvelle Orléans, est récupéré par un Marocain qui veut retourner dans sa patrie. Le Maroc, Daniel le sait, est au moins plus près de l’Italie et il sera plus prêt de son ami José.
Mais il ne peut plus continuer depuis le Maroc, il doit d’abord gagner de l’argent pour pouvoir continuer le voyage. José apprend au téléphone que son ami à disparu et il est plein de souci. Où peut-il bien être ? Ramon se décide à aller chercher Daniel au Maroc.

Daniel
Hoy ! Soy Daniel. Soy solo en la vivienda de Thierry. Son todos partidos. Todos volado del nido. Soy tanto enamorado de esto Ramon. Y siempre  mi repele, siempre mi rechaza, no manca nessun occasion por humillar me ante los otros.
Oui, je le déteste. Il n’a aucune sensibilité pour moi. Mais en même temps je l’aime. Tout comme mon père, je dirai. Ce missionnaire raté. Ce monstre aux cheveux blonds! Qui croyait être le seul être humain qui était en ligne directe avec Dieu. Quel père? Officiellement, je suis orphelin, tout le monde le sait. Bien sûr  qu’il n’aurait jamais admit être mon père. Et personne ne pourrait le soupçonner. Nous sommes trop différent l’un de l’autre, évidemment. Mais du moment que je l’ai rencontré la première fois, qu’il m’a puni de sa façon sadique pour quelque chose que je ne me rendais même pas compte avoir fait mal,  je savais en mon fors intérieur, qu’il était mon père. J’avais comme un souvenir d’un temps qui ne m’était plus présent. Je ne lui est jamais rien dis rien de mes soupçons. Il n’y aurait pas eu de sens de le lui dire et je en réalité  j’abhorrais admettre être le fils d’un tel sadique ! Mais j’en étais sur quand-même. Il y a des conclusions qu’on ne peut pas expliquer rationnellement, mais qui sont claires pour soi-même et où l’on sait qu’ils sont justes. D’ailleurs il me semble avoir réalisé par certaines déclarations de lui, qu’il se méfiait de la même chose, mais il ne m’a jamais parlé de ces soupçons. Depuis, je l’ai vu plusieurs fois, il était le prêtre en charge de notre orphelinat au centre de Mexico-City. Il nous a visités plusieurs fois. Il nous prêchait la bonne foie et il voulait nous enseigner, comme s’il avait été le seul à pouvoir le savoir, comment nous devions aimer Dieu. Je me dis qu’il était apparemment trop chrétien, pour qu’il ne puisse pas même accepter ses propres enfants, ma sœur et moi. Il avait quitté ma mère lorsque nous étions encore très petits, en disant que Dieu l’avait investi d’une tâche trop importante, qu’il avait été choisi parmi des centaines ou milliers pour propager la bonne parole et qu’il ne pouvait pas, à côté de sa tâche, travailler pour soutenir une famille, payer pour des enfants !  C’est depuis ce moment-là que je ne peux pas sentir tous ces chrétiens maudits qui se promènent de par nos rues et prétendent avoir été investi par Dieu lui-même pour nous missionner !  Je ne connais pas la vie de Jésus, mais je ne serais pas étonné si même lui avait fait la même chose. Et il était certainement un pédé, lui qui priaient les petits enfants de venir à lui ! Tous me camarades se moquaient de moi, me disait qui je ressemblais à se monstre de Yankee comme si j’étais une copie de lui. Ces cheveux blonds, presque roux, sa peau toute blanche avec des tâches rougeâtres partout, correspondaient exactement à ces particularités de mon corps pour lesquelles les autres se moquaient de moi! Et ils avaient bien réalisées que nous avions les deux beaucoup de tics en commun. Combien de fois, en me regardant le soir dans un miroir, ai-je pu maudire se père que je haïssais et qui me ressemblait tellement! Pourquoi n’avais-je pas hérité des traits de ma mère qui avait une jolie peau brune et des cheveux noirs, comme tout le monde ici et pourquoi ne ressemblais-je pas plus à ma sœur ? Des tâches rougeâtres sur le visage, non, pas seulement sur le visage, mais de par tout le corps, quelle horreur! Et exactement les mêmes tâches et les mêmes tics! Je ris encore aujourd’hui en me rappelant pourquoi je le sais qu’il a des tâches sur sa peau. Oui, j’ai vu son corps nu et de près ! Il voulait nous montrer comment étaient conçus ceux qui ressemblent le plus à Dieu, comme il nous le disait. Ceux qui ressemblaient le plus a Adam et Eve. Qui n’était pas comme nous, conçu en péché, par des Dieux ressemblant à Quetzalcoatl, le serpent-dragon! C’est alors que j’ai su pour sûr que j’avais mon père devant moi et j’ai vu son envie qui enflait son caleçon! Et sa poitrine avec sa peau de poule. Je l’ai senti et cela m’a rappelé mes premiers jours après ma naissance et tout cela m’a rappelé l’homme qui me tenait dans ses bras lors de ma naissance, il y a 13 ans et qui nous a quittés, Sarah, ma sœur, et moi, trois mois après ma naissance. Sans plus ne nous donner aucun signe de vie.
Ma mère n’a jamais put jamais surmonter son chagrin après que mon père la quitta. Elle l’a aimé de par toutes les fibres de son corps. Elle s’enferma dans sa chambre, pleurant pour l’amant qui l’avait quittée et se priva de toutes denrées et liquides. Ni Sarah ni moi ne purent entrer dans sa chambre, bien que  Sarah tapais jour et nuit à la porte. Moi, j’étais dans mon berceau, trop petit pour pouvoir me lever. Je criais à la faim pendant que Sarah criait  Maman, Maman, aide moi, Daniel meurt de faim et tapait à la porte, jusqu’à ce qu’une voisine vienne regarder ce qui se passait.  Ma mère ne lui ouvrit pas non plus et quand elle eut réalisé que j’avais besoins d’être nourri et soigné elle s’en occupa. Elle me donna du lait de vache à boire et me pris dans ses bras. Bientôt aucun son ne s’émanait de la chambre où ma mère s’était enfermée. Deux semaines après, lorsque les gendarmes appelés par le mari de la voisine réussirent enfin à ouvrir la porte, elle était étendue sur le lit, nue, morte après s’être ouvert les veines. J’avais à peine deux semaines, ne pouvais même pas encore me lever de mon berceau. Ma sœur n’avait pas encore deux ans. Mon père ne laissa rien entendre de lui bien que la police le recherchait de par tout le Mexique. Mon père et ma mère ne nous  avaient laissés rien. Il n’y avait pas de fonds pour payer le loyer de notre modeste gîte et pour nous soutenir. Les voisins étaient pauvres eux aussi.  Evidemment qu’il n’y avait aucune possibilité pour nous de rester dans l’appartement. Nous finissions tout les deux sur le trottoir de la route devant notre maison, où ma sœur me tenait sur ses genoux, un bébé chauve et tout petit, et mendiait, et éventuellement, lorsque personne n’avait eu le cœur de lui donner quoi que ce soit, exaspérant et  essayant de voler la bourse à un passant, nous fûmes recueillit par la police! Vous pouvez vous l’imaginer, où ceci allait nous mener. Ma sœur n’avait aucun talent pour dérober quelqu’un sans qu’il s’en rende compte! La police fût appelée, nous échouions dans une cellule de poste de police deux rues plus loin et comme les policiers étaient complètement incompétent pour pouvoir subvenir aux besoins hygiéniques d’un bébé pas encore capable de se mouvoir de ses propres moyens, criant toute la journée.  Bientôt nous nous retrouvâmes dans l’orphelinat du quartier, ma sœur et moi. Un orphelinat mexicain, bien entendu. Qui subsistais plus mal que bien aux besoins des orphelins avec des fonds qui ne suffisaient jamais. Les sœurs qui s’occupaient de nous, souvent pour un salaire de mendiant, avaient toutes les mains pleines de tâches et pas de temps, je fus tout juste changé de couche et nourrit, mais personne eut le temps de s’occuper de mes autres besoins et ma sœur n’était pas en état de s’occuper de mes besoins. On nous changeât d’orphelinat. Et dans ce nouvel orphelinat nous avions faim tous les jours. Un couple s’occupait de la maison. La femme n’avait pas pu avoir d’enfants et nous étions en somme un substitut pour ce qu’elle n’avait jamais eu. Chez le père, lui, s’était autre chose. Je n’ai jamais compris ce qu’il voulait de nous. Mais je pense qu’il avait une faim insatiable, non pas de pain où de vin, mais du contact avec la peau fin des petites filles surtout et, à côté, des petits garçons. Et pour satisfaire sa faim, il était au meilleur endroit ici. Moi et les autres probablement aussi, était nourris et logés, juste assez enfin pour subir à nos besoins matériels. Mais nous, je parle surtout de moi, avions faim de quelque chose d’autre, que nous ne pouvions pas encore dénommer. Une soif d’être aimé et accepté par des autres êtres humains de notre espèce, et ceci, notre “père” ne nous le donnait pas, bien qu’il nous utilisait pour ces propres fins, que je ne voudrais pas détailler ici. Et moi, qui a peut-être souffert plus que je m’en rendais compte et dont, l’on peut s’imaginer, la mère manquât assidument, étant dans un âge où j’étais encore trop vulnérable. Je suis probablement plutôt d’un naturel romantique, ma soif d’être aimé m’amenait à me frotter à lui, à chercher le contact physique avec lui et avec les autres “frères et sœurs” de l’établissement, probablement plus ardemment qu’il était bien pour ma renommée. Bref, j’étais gentil avec tous, je me chamaillais avec tous, me frottais à tous et bientôt je finis dans le lit de l’un ou de l’autre et particulièrement dans celui du “père” de l’établissement. Je vous vois déjà depuis ici, chers lecteurs, froncer vos sourcils, me juger pour ce que vous pensez être le pire des dégénérées qui puissent subsister sur terre! Je ne veux pas me défendre, je me connais trop bien pour croire que je sois un saint du sang de celui que nous appelons notre “sauveur”! Je sais maintenant, après m’avoir longtemps identifié avec ma personnalité, après avoir subis dans ces caves du château fort de Chapultepec les pires châtiments et après avoir dû réaliser à mon plus grand chagrin que je peux même trouver plaisir à être châtié par un être humain dont je me suis  épris d’amour,  par José, mon amour, avec lequel j’ai subis tous les hauts et les bas que l’on puisse subir sur cette terre lorsqu’on est pauvre et pas tout à fait comme les autres. J’ai longtemps essayé de reprouver chez moi cette tendance masochiste, de refouler mes vrai sentiments, qui ressemblent malheureusement trop à ceux de mon père, pour ne pas devoir accepter que je suis un de ceux-ci qui ne serons jamais sauvés par celui que tous acceptent être notre “sauveur”.

Le peintre et son modèle

Ayant pu enfin m'endormir j'ai un rêve qui m’apprends enfin ce qui m’attache à Kolja. Je vis dans un atelier sous les toits. Il est hiver. J'ai un peu près 25 ans. Je suis Alain Sochaux, fils du fameux docteur Preux et d'une fille de la rue. Fameux parce qu'il a écrit des livres sur la hygiène dans les toilettes. Et sur la prévention de bébés non désirés. Moi, il m'a eu quand même. Ma mère ne voulait pas être débarrassée de moi. Elle voulait me garder pour pouvoir faire du chantage, je la pense du moins, d'après ceux qui on connu ma mère m'ont raconté d'elle! Il a payé quelque chose lorsque je suis arrivé au monde, mais surtout il ne voulait plus me voir, j'étais une ambiguïté, la chose dont on ne veut rien savoir parce que cela n'a pas de place dans la bonne société. Ma mère, après ma naissance, ne s’est plus bien portée. Elle est devenue complètement apathique, gagnait notre vie en dormant deci-dela avec des amants, peut-être aussi de nouveau avec mon fameux père. Oui, celui qui n'a jamais voulu me reconnaître  comme son fils, parce qu’il craignait pour son héritage, pour sa renommée, le faussaire.

 J'ai reçu mon éducation dans la rue. Très vite je me rendis compte que je n'étais pas comme les autres gamins qui se traînaient aussi dans les rues. J'étais beaucoup plus sensible que les autres. J'avais une poitrine de poule. J'avais une frimousse féminine, avec une frimousse de petite gamine, surtout avec mes petits boutons rouges. J'étais maigrichon, mes cheveux étaient blonds, longs, se frisaient en tombant jusque sur mes épaules. Je ne trouvais pas de plaisir me bagarrant avec les autres dans la rue. La compagnie des autres garçons ne m’intéressait pas. Ils se comportaient tellement bouchés. Ce qui comptait s'était qui était le plus fort. Quand une jeune fille passait, ils sifflaient. Et lorsqu'elle se tournait ils étaient déjà partis et je restais seul pour me faire gronder. Ils se comportaient tellement mal, je trouvais.  Mais envers les filles ils étaient pleins de complexes. Ils n'avaient pas le courage de les approcher mais ne s'arrêtaient pas de parler salement sur elles. Mais moi j'avais besoin d'argent. J'étais bâti plutôt frêle, n'avait pas de cheveux sur la poitrine et personne ne voulait de moi pour trimbaler des caisses et des meubles où les autres gagnaient leur fric. Aucune des jeunes filles qui tournaient autour de notre gang de jeunes ne voulait de moi ! A la fin, aussi mes collègues me laissaient de côté. J'avais besoin d'argent pour pouvoir leurs payer des pots pour pouvoir rester en leur compagnie. Aussi je me faisais de l'argent en suçant le bite des hommes qui voulaient vite se défouler. C'est dangereux car les lois ambiguës de la bourgeoisie et de l'église n'aiment pas ce genre de sport. Surtout en ce siècle ou les hommes se promènent avec un habit noir et un chapeau melon. Etre homo, signifie être pervers et c'est un vice qui est défendu par les lois. C’était réprimandé, évidemment, et ceux qui persévéraient finissaient par être mis à la prison. Il fallait le faire en cachette. Et il fallait se fier au client. Parce qu'il pouvait toujours nous dénoncer à la police. Et il y avait toujours beaucoup de surprises. De temps en temps, et il me semble de plus en plus souvent, la police faisait des razzias. Nous nous y étions habitués. Par nous, je parle de la communauté ce ceux qui étaient aussi perverse que moi. A force de faire les trottoirs j'avais appris à les connaître. C'était tous ceux qui se cachaient tout le temps, qui se faufilaient par les rues, comme s'ils devaient se gêner d'eux-mêmes, qui frôlaient les murs, qui regardaient les hommes qu'il croyaient pouvant être des clients par en-dessous, toujours sur leurs gardes, prêts à fuir en toutes jambes aussitôt qu'ils craignaient que le passant qu'ils avaient accostées pouvait être un policier en civil où un bourgeois se tenant aux mœurs. Car nous n'avions aucun droit, du moment que quelqu'un se croyait touché à ces sentiments, il pouvait appeler la police et nous, nous étions toujours les fautifs, et nous finissions en prisons, la proie des gardiens.  Nous nous étions mis bon gré, mal gré, a nous faire des signes bien que nous étions pas du tout solidaire, chacun se détestait pour ce qu'il était et méprisait ceux qui étaient  comme lui. Grâce à ces signes on pouvait fuir à temps. Enfin, presque toujours, mais j'avais fait l’expérience que lorsque je me fit attraper, toujours les gendarmes se laissaient amadouer par ma bonne volonté de le leur faire gratuitement que ce soit beau pour eux aussi. Finalement les gendarmes sont comme les autres hommes, ils ont des faiblesses et ils sont sous pression et souvent ils doivent être fidèles à une épouse qui convient moralement mais qui ne leurs fais plus de plaisir après leur avoir produit une quantité de fils.
 
Ma mère ne vit pas longtemps. Elle est morte d'une maladie sexuelle et moi j'avais une frousse terrible en la regardant, tout son joli corps tombant en miettes, ses beaux cheveux blonds, frisés tombant l'un après l'autre jusqu'à ce qu'elle soit toute chauve. Depuis ce moment, j'avais à peine appris à parler, et à me tenir sur mes deux pattes, j'étais seul et j'ai dû me débrouiller seul. Comme je ne suis pas moche, ce n'était pas difficile. Je me débrouillais, comme je l’ai déjà dit, mendiant sur les trottoirs, volant aussi si j'en trouvais la possibilité, servant comme pute. J'aurais tellement voulu être ami d'un garçon disposé comme moi. Je travaillais aussi  comme modèle pour des peintres et même des photographes (il n'y avait pas encore beaucoup de ce temps) et j'eus la chance de rencontrer Michel. Il était plus âgé que moi. Je l'aimais beaucoup. Je l'avais rencontré un soir de décembre, plutôt tard, dans la rue. Il faisait très froid, de place et d'autres il y avait aussi des tâches de neige. Je m'y trouvait déjà depuis plusieurs temps, j'espérais déjà depuis belle lurette rencontrer un client, qui ne voulait pas seulement de mes services dans la rue. J'étais tellement glacé habillé de quelques haillons seulement, de rencontrer quelque nouveau client qui m'emmènerait dans une chambre chauffée. J'aurais fait n’importe quoi, bien que j'en aie peur, de ce qu'il pourrait demander de moi, cela me faisait mal, très souvent. Mais je n'avais pas d'autre choix. Personne que je connaissais n'était passé. Mais j'espérais parce que j'avais besoin du fric, de la chaleur. Le type qui me harassait tout le temps et avait fini par prendre le rôle de mon souteneur m'avait pris tout mon fric. Je n'avais plus un centime ni pour manger, ni pour me loger. Que faire, j'aurais pu assommer ce type s'il n'avait pas été beaucoup plus fort que moi. J'avais résigné et m'étais placé à ma place habituelle, attendant qu'un nouveau client me permette de me gagner de l'argent. C'est alors que quelqu'un passa. Il ne semblait pas très sur, il regardait de tout les côtés, tournait autour de moi. On voyait très bien qu'il n'était pas très sur comment se comporter. Il semblait faire cette tâche que depuis très peux de temps. Il était beau en plus et pas aussi vieux que les autres. Mais il se gênait envers les autres. Il regardait à droite et à gauche. Quand même il me fascina, peut être parce qu'il était tellement timide. Il ne pouvait certainement pas être très méchant, je me disais. Je n'avais pas encore beaucoup d'expérience. Il avait de ses yeux qui scrutaient les alentours. Je me dit que c'était ma chance. Enfin un client qui ne serais ni une brute ni un bourgeois sans sentiments qui voulait seulement se défouler. En somme, que faisait-il ici? Mais pourquoi de longues pensées! C'était une occasion et il fallait la saisir. Comme il n'arrivait pas à se décider je prit l'initiative. Je m'approchai et m'offrit. Mais, quelle déception! Il prit la fuite. Un autre se présenta et me prit. Ce n'était pas beau, ce qu'il exigeait de moi, et la chambre bien chaude je ne la vis pas. Mais je devais le faire pour le fric. Mais celui que j'avais vu revint. Le prochain soir déjà il tourna de nouveau autour de moi. Cette fois-ci je ne fis pas semblant. Le type de hier s'approcha et alors enfin il se décida. Il m'affronta mais très gaucher. Et la première chose qu'il demanda c'est combien je demandais. C'était tellement primitif. Pas ce à quoi je m'attendais de la part de ce type que je m'était imaginé tellement sensible, tellement gentil, dont j'avais rêvé toute la nuit. Il parlait très bas, pas en regardant dans ma direction et  je n'y compris rien. Mais je sais ce que c'est ce qu'il demandait, son expression me l'appris. Je fais quand même semblant de ne pas comprendre me approchai de lui en lui demandant de très haute voix, pour le mettre mal à l’aise, ce type qui n'était pas ce qu'il paressait : « Quoi. » Il voulait répondre mais déjà je m'étais blotti de tout mon corps à lui et lui susurrai à l'oreille. Mes mains se tâtaient autour de sa taille, caressant ses cuisses, cherchant son pigeonnier. « Pour toi cela sera gratuit. Prends-moi avec toi. Emporte-moi loin d'ici. » Je le regardais gentiment d'en dessous. Priant pour sa compréhension. Il ne pu pas se rechigner, et il me prit avec lui.  Mais s'était une surprise. Il me prit dans son atelier. Il était artiste. Marié comme je pense. De toute façon il vivait avec une femme. Il me semble qu'il était marié. Mais il ne voulait jamais avouer envers sa femme qu’il m’avait cherché dans la rue, un garçon léger ! Qu'il avait trouvé que je serais beau à peindre, nu. Et qu'il avait aussi un penchant pour des mâles. Il me pria de lui servir comme modèle. Moi, un modèle. Il y a tant qui sont beaucoup plus beau que moi! Je te le suce, si tu veux. Tu peux aussi m'utiliser comme vase pour avaler ton urine. Mais comme modèle ! Certainement non. Je ne suis qu'un vil débauché, comme le prêtre m'a appelé. Je n'aime pas qu'on se foute de moi ! Je me retire dans un coin. Là où il y a la grande commode. Me tourne vers le mur. Pleurs. Alors je le sens qu'il s'approche de moi, je sens son corps tout près de ma chair. Je sens ses bras qui m'embrassent. Sa main qui essuie mes pleurs. Sa bouche qui cherche sa bouche. Soulagé je me tourne vers lui. Ma langue lèche ses lèvres. Alors il s'éloigne de moi. Me regarde de loin. Se met à sa palette. Et c'est comme cela que dès ce moment je suis fixé sur toile pour toujours. Avec un corps tout bleu. Sur fond bleu. M'appuyant sur des tissus bleus. Mais ceux-ci, il les avait ajoutés plus tard.

Mais à la suite, il n'avait jamais le cœur de me chasser dans la rue après m'avoir peint, nu. Je ne trouvais pas que ce portait me ressemblait. Je n'avais encore jamais vue quelqu'un qui avait un corps tout bleu. Je fis probablement la moue. Il rit. Mais il décidât alors qu'il voulait m'apprendre à peindre. Je devais me cacher. Mais avec lui j'appris à peindre. Mais quand même il m'apprit à peindre. ll me prenait dans son atelier parce qu'il il était de l'avis que j’étais doué. Cela me plaisait beaucoup et mes œuvres plaisaient au publique. Et il se fait que je devins fameux, aussi parce que je savais employer mes charmes auprès des critiques.
 
Said
Je suis Said. Le septième fils du teinturier Muhammad. Entre mes collègues je suis le plus petit. J'ai des boucles noir et sous ma chevelure deux yeux bruns formés en amandes Comme mon père a 14 enfants, et moi je suis le septième fils, il n'y avait jamais beaucoup d'argent chez nous. L'aîné et le second aident dans la teinturerie de mon père. Nous devons regarder à  ce qu’il y ait de l’argent. Pour pouvoir joindre les deux bouts. Au début quand j'étais très petit, je gagnais bien en mendiant. Je rapportais  l’argent à mon père mais bientôt j'en utilisai une part pour moi même. Je fis un apprentissage chez mon père, dans sa teinturerie. Mais mon frère aîné voulait hériter de cette teinturerie. Il me vit d'un mauvais œil. Je rencontrai un garçon plus âgé, Moîsé qu’il s’appelait. Comme mon père m'avait quelquefois prit sous ses draps, j'eus le goût de autres garçons. C'est pourquoi mes frères et sœurs ne voulurent plus rien savoir de moi. Ils racontèrent tout à mon père et il me ficha dehors. Le garçon que je connu aimait aussi jouer avec moi. Il m'apprit comment l'on pouvait se gagner l'argent en débarrassant les touristes de leurs objets inutiles. On pouvait vendre ces objets chez Ali le louche et on recevait un peu d'argent et tout marchait assez bien. Nous le faisions le soir après le travail. J'avais trouvé du travail chez Ali, qui est lui même une bête noire chez les teinturiers. Mais je gagnais très mal. Je pouvais bien utiliser un petit peu d'argent de poche.
 
Tout alla assez bien jusqu'au jour ou Ali Baba nous vit. Tout avait tellement bien fonctionné. La chaîne était formée. Hassan avait sifflé, je me postais sous un portail. Un barbu blanc passa et me regarda, moi, le petit garçon aux boucles noires avec la chevelure lui tombant sur les yeux, le pull vert trop grand, les yeux brun en amandes. Il me regarda trop fixe, je pense qu'il était tombé amoureux de moi. Je tendis ma main afin de mendier quelques dirhams. Mais l’avare ne me donna rien. Et après le sifflement d’Hassan. Ali Baba s'était déjà éloigné, je courus chez Hassan, prit le sac de cuir qu'il me tendit et repassa près de Ali Baba. Celui-ci me reconnut avec mon trop grand sac de cuir noir de touriste et l'imbécile cria fort, en français : « Au voleur. » C'était l’enfer, tous les marchands me coururent après. Heureusement que Hassan l'avait remarqué, il couru à côté de moi, me prît le sac des mains et tout le monde le suivit. Mais moi je n'étais pas en sécurité. En courant le long d'une ruelle déserte j’entendis des pas derrière moi - la police. Que faire. Je me fis tout petit, me pressa contre le mur d'une ruelle. La police courut le long de la ruelle sans me voir. Je me mis à courir dans la direction inverse. Mais bientôt j'entendis le halètement des policiers derrière moi. Que faire. Soudainement je me rendis compte que j'étais dans une impasse. Devant moi rien que des murs et des portes. Mais tout à coup une porte s'ouvrit. Je voulus entrer. Mais un garçon noir avec des cheveux noirs et des yeux bruns foncés en amande était sur le seuil. Je frémis, stoppa. Il me fit un signe de la main d'approcher. Je n'avais pas le choix. La police était directement derrière moi, juste derrière le tournant, je les entendais souffler. J'y rentrerais et si c'était un guet-apens je saurais bien me battre. Elle leur coûterait chère, ma peau. D'un bond je me précipitais dans le trou noir derrière la porte. La porte se ferma. Le gosse européens me fit signe de rentrer dans l'armoire, derrière la paroi. Je me cachais sous les vêtements. J'entendis avec le cœur qui éclata presque dans mon corps comme on tapa à la porte. Quelqu'un ouvrit. Mais ce n'étais pas le gosse, car une voix de femme cria: « Qu'est-ce que vous voulez ? » On entendit une voix masculine qui bégayait. « Excusez moi, nous voulions pas vous déranger. » Et la femme qui leur criait: « Vous l'avez fait. Mais ne me regardez pas trop, car mon mari est en-dessous. Il n'aime pas que des étrangers me regardent. » Et elle cria: « Hassan! » Et on entendit un juron et un clic comme un revolver qui était chargé. Mais bien vite le policier dit : « Laissez. Nous partons. Excusez nous de l'intrusion. » La porte ce ferma, des pas traînants s'éloignèrent. Tout était tranquille. Quelqu'un ouvrit l'armoire, chuchota: « Viens, sors maintenant. L'air est sur. » J'écartais les habits, regarda furtivement dehors. Dehors se tenait le même gosse aux cheveux bruns clairs frisés, aux yeux bruns en amande. « Sors, c'est sur », qu’il dit. « Nous partons sur le champs. Habilles-tu avec cette pèlerine et met le capuchon. Personne ne te reconnaîtra. On pensera que tu es ma mère. » Je le regardais mieux. C'était le même type qui m'avait suivi depuis quelques jours. Je ne savais pas pourquoi et il me fit peur. Mais maintenant il me sourit. Je me repris. Je réalisai que je tremblai comme une feuille dans la bise. Bien vite, je me repris, me tenais tout tranquille. Il sourit, me dit : « Tu peux te fier à moi. Je t'aime. Il y a belle lurette que je te suis et que je rêve de toi. » Il me regarde fixement. Et tout à coup il me donne un baiser sur la bouche. Je retins le souffle pendant que je sentais sa main me tenter le pigeonnier. Je me raidi sentant sa main et je fus déjà tout à lui. « Je suis comme toi, je pense, j'aime les garçons. Et surtout quand ils sont beaux comme toi. » Je voulus réclamer. « Chut, ne dis pas des choses que tu ne crois pas toi-même. Je t'ai vu, avec la grande perche à barbiche. Et en plus je t'ai sauvé la vie. Tu peux bien me rendre un petit plaisir qui te fera plaisir à toi aussi. Il me déshabilla, me suça le bit, me caressa finement et je vins sous ses doigts experts. Et il me lança la soutane que je mis. Je le suivi dans la rue. Jusqu'à un hôtel. Nous rentrâmes furtivement, par une petite porte de derrière. Une fois à la chambre nous nous déshabillâmes et nous aimâmes à nouveau. Cette fois-ci je rentrais en lui rentrai en moi. Et c'était tellement beau. J'étais complètement exhaussé. Je m'endormais dans ses bras, fatigué et satisfait. Je me réveillai le matin du bruit de la rue. Il venait de sortir de dessous la douche, et se  mettait à genoux sur le lit, et me regarda avec un air d'amoureux. Il était vraiment beau comme un ange, avec ses yeux bruns, ses cheveux brun son corps svelte, un grand diamant dans son nombril et une boucle pendue à l’oreille gauche. Un moment je me demandai si j'étais mort et au paradis chez un ange. Mais je me ravisai lorsqu'il me donna un baiser sur la bouche et je me raidi de nouveau étant caressé par ses doigts fin et blancs aux jolis ongles bien soignés. Encore une fois nous nous embrassions, faisions l'amour ensemble. Je n'ai jamais pu le faire tant de fois mais avec lui tout est possible. Et pourquoi était-il dans mon chemin et m’a t sauvé la vie. Je lui demande: « Comment t'appelles-tu et pourquoi m’as tu aidé à échapper. Que veux-tu de moi? » Il me dit: « Voilà beaucoup de question à la fois. Je te répondrai question après question. Voilà. Mon ami m’a quitté hier. Même ses parents ne savent pas où il est allé. Tu es venu comme un ange à temps. Je m'appelle José. Je gagne mon argent comme musiciens pour les vacances. Veux-tu venir avec moi. » Et il me montre un violon en ouvrant l'étui posé contre le mur. Je dis: « Je ne joue aucun instrument.  Je ne vois pas comment tu peux faire quelque chose avec ce truc. » Il me répond: « Si tu ne m'aimes pas, tu peux t'en aller. » Je commence à pleurer. Je ne peux plus retourner chez ma bande. La police me cherche et ils ne me veulent certainement plus. Je perds mes nerfs. Que dois-je faire. Si j'accepte, je suis à sa merci. Mais quelles autres possibilités ai-je? » Il me prend dans ses bras, m'embrasse. « Ne t'énerve pas, mon chéri. Comment d’appelles-tu, Ali? » « Non », que je réponds, « Said. » « Ah, enfin je peux t'appeler de ton nom. Je t'aime, sais-tu, Said. Et tu ne dois pas avoir peur de moi. Je ne te ferai rien. » Il me regarde. Il semble se demander s’il peut me dire plus de choses discrètes, si ce n’est pas trop risquant. Enfin il se décide. Il dit: « Je suis ici au Maroc pour chercher un ami qui a disparu. C'est un petit noiraud bouclé avec des yeux bleus. Il s'appelle Daniel. » Evidemment que je l’ai vu, Daniel. Je le connais, comme tous les sans gîtes à Mèknes. Il travaillais chez mon père à Fez et il est parti en pleine nuit, sans crier gare, pour Mèknes. Et après, comme me l’a dit son ami Hassan, pour Marrakech. Puis-je le lui dire ? Je me le demande ? Je ne savais pas que Muhammad le lui avait déjà dit. Mais je le lui dis quand même. Il me dit: « J'étais ici avec un autre ami. Il est parti, m’a aussi volé de l'argent. Veux-tu prendre sa place. J'ai besoin d'un ami et je t'aime. Tu ne dois pas jouer d'instrument. Simplement te promener avec le chapeau. » C'est plus que ce à quoi je m'attendais. Surtout maintenant que Hassan est parti avec Daniel. Qu'ils sont quelque part dans un Souk à Marrakech.

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